Le journal à Télé Kréol
Le journal de Jules Renard à la Réunion...
Le Journal de Jules Renard à Galigalang par Thtre_Dor
Feuilles mortes.
"Mes livres sont si loin de moi que je suis déjà pour eux une façon de postérité.
Voici mon jugement tout net: je ne les relirai jamais jamais."
"J'ai le coeur plein de feuilles mortes." Jules Renard
Catulle Mendès
" Monsieur Jules Renard, très parfait écrivain, passe pour un très féroce ironiste.
N'en croyez pas un mot.
Dès qu'on a beaucoup de talent, on n'a plus du tout de méchanceté.
Catulle Mendès
Le talent...
Si j'avais du talent, on m'imiterait. Si l'on m'imitait, je deviendrais à la mode.
Si je devenais à la mode, je passerais bientôt de mode.
Donc, il vaut mieux que je n'ai pas de talent.
Jules Renard
Dieu...et l'homme.
Dieu n'a pas mal réussi la nature, mais il a raté l'homme.
Un malin, Dieu, qui nous a ouvert l'espace sans nous donner des ailes.

histoires naturelles.
" Buffon a décrit les animaux pour faire plaisir aux hommes.
Moi je voudrais être agréable aux animaux mêmes.
Je voudrais, s'ils pouvaient lire mes petites histoires naturelles, que cela les fit sourire." 19-09-1895
Et je pense aussi au socialisme.
C'est attirant. Je peux me dire: il faut vivre, écrire des pièces, gagner de l'argent, pour toi (Marinette), pour Fantec et pour Baie, mais je ne peux pas m'empêcher de penser au socialisme.
Il y a là tout un monde neuf où ce n'est pas se faire une position qu'il s'agit, mais de se dévouer. … 
Si je ne suis pas socialiste pratiquant, je suis persuadé que là serait ma vraie vie.
Ce n'est pas par ignorance: c'est par faiblesse. Tu es là, vous êtes là, toi et mes enfants, et notre hérédité bourgeoise, et mes habitudes d'homme pour qui l'art est tout de même un métier.
Je n'ai pas le courage de rompre ces chaînes.
(journal 24 septembre 1904)
Neige...
Neige clairsemée, comme tombée des arbres.
- Oh! De la neige.
- Oui, mais celle-là ne fond pas! Elle tient.
Je m’amuse encore trop avec mes mots d’esprit.
(Journal 5 décembre 1903)
Bibliothèque rêvée... Ou rêve de Renard?
À chaque instant j’ai envie de m’enfuir à l’appel d’une autre femme
qui me ferait signe, et que je rencontrerais dans un parc,
et qui lirait un livre sous de grands arbres. 
Est-ce que je n’ai pas honte d’avoir cru jusqu’ici que le bonheur est dans la médiocrité ?
Et c’en est une de bourgeois, une médiocrité de saint. (Journal Jules Renard 24 octobre 1896)
Vieillir... La belle affaire!
Je me croyais vieillissant. J’ai vu Raymond hier.
J’ai joué avec lui autrefois dans l’enfance.Quelle ru
ine ! Maigre, voûté, il a les mains recouvertes d’écorce, les dents noires, les yeux éteints. Il est vieux. On a beau dire. Ça use, de travailler de cinq heures du matin à sept heures du soir, et de ne pas manger de bons morceaux. C’est gentil, la salade et le fromage blanc quotidien. Ça et l’air du temps, le bon air de la campagne, ça vous tue un homme en trente ans.
Et moi qui, chaque semaine, cherche dans une glace mes nouveaux cheveux blancs.( Journal 26 mai 1896)
Une bonne Année...
-Ne me souhaitez pas une bonne année. Souhaitez moi de finir ce que je commence aujourd'hui, et j'aurai passé la meilleure des années de ma vie. ( 1/01/1897)
"Je veux faire une année exceptionnelle, et je commence par me lever tard, par trop bien déjeuner et par dormir dans un fauteuil jusqu'à 3 heures." (01/01/1896)
je suis un arbre...
je suis un arbre qui ne produit pas tous les ans.
En mai, j'avais quelques fleurs: elles ont gelé à la lune rousse.
Jules Renard journal 11 mai 1902
journal 14 mars 1905
Journée perdue à rêver à ce travail remis d'heure en heure.
Des notes, quelques trouvailles peut-être, du superflu, pas le nécessaire.
Je n'ai rien fait. Si seulement j'avais planté des clous, fendu un peu de bois, semé des carottes, écrit sur quelque sujet, je n'aurais pas perdu ma journée.
Nuits sans sommeil, longues nuits où le cerveau s'illumine comme une grande ville.
Et quel beau défilé de rêves qu'on croit vivants.
Quand les yeux...voyagent loin.
De grands yeux perdus dans les bois, dans une herbe profonde...
En voyage, mon plaisir est de regarder et de ne rien voir.
Jules Renard sous l'oeil de Gene Tierney

